En quelques secondes, la Citroën C3 disparaît devant chez lui, dans l’Eure. Deux mois plus tard, son assurance bloque toujours l’indemnisation et son quotidien s’effondre.
On lui a volé sa voiture en pleine nuit devant chez lui, dans un petit village de l’Eure, et depuis son quotidien a tout simplement explosé. À La Guéroulde, entre le 5 et le 6 février, la Citroën C3 de Jérôme a disparu alors qu’elle était garée devant son domicile, un modèle très recherché des voleurs pour ses pièces détachées. Et il n’a pas été le seul visé : "Trois vols de voiture ont eu lieu dans la commune cette nuit-là", rapporte Claudine à Actu.fr.
Le jour même, une plainte est déposée à la gendarmerie. Depuis, plus de nouvelles concrètes : on explique à la famille que les moyens d’action restent limités sans élément précis, même si la plainte permet au moins d’identifier le véhicule en cas de contrôle. Pour Claudine et Jérôme, le temps passe, les chances de retrouver la C3 semblent s’évaporer, et l’angoisse monte, car la vraie galère, elle, se joue maintenant du côté de l’assurance.
D’après la famille, les voleurs auraient mis quelques secondes seulement pour déverrouiller et démarrer la C3, "sans doute à l’aide d’un boîtier". Une intervention éclair, typique de certains vols électroniques, mais aux conséquences bien plus longues pour la victime. "Les voleurs n’ont pas pensé aux conséquences pour mon fils, et de toute façon, je pense qu’ils n’en ont rien à faire", déplore Claudine. Jérôme, qui travaille à Verneuil d’Avre et d’Iton, se retrouve privé de son unique moyen de transport. Il ne peut plus se rendre sur son lieu de travail et est en arrêt depuis le vol.
Cette perte de voiture tombe au pire moment. La C3 avait été achetée neuve il y a deux ans seulement. "Il venait de finir de la payer en décembre", souligne sa mère. Entre-temps, Jérôme a aussi acheté sa maison, seul. "Il va devoir se remettre un crédit sur le dos". L’indemnisation annoncée par l’assurance auto, l’équivalent d’environ la moitié du prix d’achat, apparaît déjà trop faible pour espérer retrouver un véhicule en bon état. "Une voiture, c’est un bien personnel qu’on utilise quotidiennement". Et pour l’instant, même cette somme reste théorique, car le dossier n’aboutit pas.
Près de deux mois après le vol de voiture, rien n’est réglé. Les démarches administratives se transforment en parcours du combattant. "A chaque fois, il manque un papier. Ça fait trois fois qu’il envoie le justificatif de domicile." Parmi les documents exigés par l’assureur figure aussi la carte grise, qui a disparu avec le véhicule. Dans un dossier de vol, il est pourtant courant que l’on demande à l’assuré de fournir la plainte déposée à la gendarmerie, la carte grise, un justificatif de domicile, parfois des factures d’entretien ou de pneus récents. Quand ces papiers ont été volés en même temps que la voiture, la situation se complique vite.
Pendant que le dossier piétine, la vie de Jérôme se rétrécit. Il dépend de son voisin et de sa mère pour aller faire ses courses ou se rendre à ses rendez-vous médicaux. Souffrant de problèmes pulmonaires, il doit se rendre chaque mois à l’hôpital de Dreux, là encore en comptant sur les proches pour l’emmener. La famille espère que l’assureur prendra enfin en charge le dossier pour qu’il puisse racheter un véhicule et retrouver son autonomie, après des semaines marquées par l’incertitude, la pression financière et une impression tenace de double peine.
2026-03-30T18:57:37Z